J’ai déménagé…

ET MON ENTREPRISE AVEC MOI

Il y a des déménagements qu’on fait parce qu’on a envie de plus grand. D’autres parce qu’on change de ville, de travail, de vie. Et puis il y a les déménagements qu’on fait parce qu’on ne peut tout simplement plus rester là où on est. C’est un peu notre histoire. Après dix ans de vie commune dans notre ancien logement, Sofian et moi avons pris une décision qui nous paraissait complètement folle à l’époque : acheter une maison. Et franchement, quelle horrible aventure. Enfin… merveilleuse, peut-être, mais surtout longue, stressante et parfois franchement absurde.

ON NE POUVAIT PLUS RESTE LÀ OÙ NOUS ÉTIONS

Notre quotidien était devenu invivable, principalement à cause d’un voisinage infernal, irrespectueux et incontrôlable. Alors un jour, après dix ans ensemble, on s’est dit qu’il était peut-être temps de partir et de se lancer dans la grande aventure de l’achat immobilier.

Enfin, grande aventure… Disons plutôt grande épreuve.

Nous avons cherché une maison pendant des mois, à une période où l’impression était que la France entière avait décidé de déménager en même temps. Les visites s’enchaînaient, les fausses joies aussi. Il y avait les maisons qui semblaient parfaites sur les photos et beaucoup moins quand on mettait les pieds dedans, les mauvaises surprises, les arnaques et cette immense valise d’espoir qu’on traînait avec nous à chaque visite.

Et puis est arrivée la toute dernière.

Je me souviens avoir dit à Sofian : « C’est celle-ci ou rien. Après, on arrête. »

Et puis il y a eu le coup de cœur. Le vrai. Celui qui fait que, pour une fois, tout semble évident.

Quand nous avons décidé de partir, j’ai d’abord pensé à lui, à moi, à nous. Et seulement ensuite à Amapola. Parce que cette maison avait quelque chose que nous avions toujours voulu : de l’espace, de la lumière, du calme et surtout la possibilité de recommencer autrement.

P’tits Timbres artisanaux en papier représentant des fleurs roses et violettes, regroupés en deux sets de quatre timbres chacun, réalisés en relief avec plusieurs couches découpées à la main.

ET PUIS IL A FALLU DÉPLACER AMAPOLA

Déménager sa vie, c’est déjà beaucoup. Déménager son entreprise en même temps, c’est encore autre chose. Parce qu’à un moment, il faut forcément s’arrêter. Il faut décider quand on ferme les machines, quand on emballe, quand on arrête temporairement certaines choses. Il faut revoir ses priorités et accepter qu’on ne peut pas tout faire en même temps. Pour l’atelier en lui-même, finalement, tout s’est plutôt bien passé. Je suis assez forte en cartons. J’aime quand tout est rangé, quand chaque chose a sa place, quand chaque objet a sa boîte… et parfois même quand chaque boîte a elle-même sa propre boîte.

Alors forcément, mon atelier n’a pas été le pire à gérer.

Mais ce qui m’a le plus marquée dans ce déménagement, ce n’est pas simplement de déplacer mes affaires. C’est de réaliser que, pour la première fois depuis la création d’Amapola, j’allais lui offrir une vraie place. Depuis toujours, Amapola a une énorme place dans mon cœur. Physiquement, en revanche, elle avait surtout un petit bureau. Un petit bureau qui est devenu de plus en plus grand au fil des années, puis un plan de travail, puis des rangements partout, puis des machines qui avaient besoin de leur propre espace.

Aujourd’hui, Amapola a une pièce entière. Et je suis un peu comme une enfant devant un cadeau de Noël.

BIENVENUE DANS MON NOUVEL ATELIER

Au milieu de la pièce, nous avons installé un établi tout neuf, monté sur roulettes. Il me donne évidemment de l’espace de travail supplémentaire, mais aussi énormément de rangement, et je trouve ça particulièrement pratique. Et puis, derrière cet établi, il y a une autre idée : plus tard, j’aimerais pouvoir accueillir ici une ou deux personnes pour organiser des ateliers. Créer ensemble, partager un moment et faire découvrir mon univers autrement que derrière un écran.

Le reste de mes meubles vient de mon ancien atelier et a naturellement trouvé sa place dans cette nouvelle pièce. Pour le moment, tout est encore loin d’être totalement terminé. J’ai notamment très envie d’y ajouter beaucoup plus de couleurs avec le temps. Mes deux suspensions sont là pour le moment, mais j’aimerais aussi créer moi-même mes futurs luminaires. Parce qu’évidemment, pourquoi acheter quelque chose quand on peut décider de fabriquer le truc soi-même ?

Mon bureau, lui, n’a pas tellement changé. C’est toujours ce grand plan de travail sur lequel sont installés, de gauche à droite, mon imprimante, mon écran d’ordinateur et ma fidèle Silhouette Cameo 5.

Mais il y a une vraie nouveauté à côté : un chien assis qui donne directement sur la pièce. Un véritable puits de lumière dans lequel je peux me tenir debout, installer mes créations, me filmer, prendre des photos et travailler avec la lumière naturelle. Bref, j’ai presque un petit studio photo intégré à l’atelier. Il n’y a pas énormément de murs parfaitement plats sur lesquels accrocher mille choses, mais franchement, ça me suffit largement.

TROIS MOIS SANS INTERNET… AU MILIEU D’UN DÉMÉNAGEMENT

Et puis il y a eu ce petit détail auquel absolument rien ne m’avait préparée : ne plus avoir internet. Trois mois.

Trois mois sans connexion fixe, pendant lesquels il a fallu gérer un problème qui n’avait absolument rien à voir avec les cartons ou la décoration, mais qui pouvait avoir des conséquences très concrètes pour mon entreprise.

Parce que lorsqu’on travaille seule et qu’une grande partie de son activité repose sur internet, trois mois sans accès à internet, ce n’est pas simplement un inconfort. C’est un vrai problème.

Je vais volontairement rester assez brève là-dessus, parce que je ne veux pas que cet article devienne un procès de la fibre optique en France. Disons simplement que notre emménagement s’est accompagné d’un joli bourbier administratif et technique dont j’ai dû m’occuper pratiquement jour après jour.

Et pourtant, avec le recul, cette pause forcée m’a aussi apporté quelque chose.

UNE PAUSE DONT JE NE SAVAIS PAS QUE J’AVAIS BESOIN

J’ai toujours énormément partagé sur les réseaux sociaux. J’ai toujours eu envie de créer, de publier, de montrer ce que je fais. Alors forcément, me retrouver brusquement privée de tout ça pendant plusieurs mois m’a obligée à couper.

Et étrangement, ça m’a fait du bien.

J’ai pris de la distance avec les statistiques, avec les chiffres et avec cette impression qu’il faut toujours publier, toujours produire, toujours être présente. J’ai simplement recommencé à partager avec le cœur.

J’ai même écrit toute une série de vidéos autour de l’amitié, un sujet qui me touche énormément et qui n’avait pas forcément de lien direct avec Amapola. Mais est-ce vraiment grave ? Je crois que non. Tout ce que je fais vient de mes tripes, même quand je parle d’autre chose.

Cette coupure m’a permis de me détacher un peu de cette course permanente. Et aujourd’hui, j’observe aussi un changement plus global dans notre rapport aux réseaux sociaux. J’ai l’impression de ressentir davantage de rejet, de fatigue, de ralentissement. Les gens publient parfois moins, regardent différemment, consomment différemment.

Quelque part, cette période m’a appris que je pouvais, moi aussi, prendre un peu de recul.

ET MAINTENANT, J’AI RETROUVÉ MON ÉNERGIE

Le personnel avait peut-être pris beaucoup de place au début du déménagement. La fatigue, les travaux, l’organisation, les problèmes à gérer… Mais aujourd’hui, j’ai surtout retrouvé cette petite vie douce et tranquille que j’aime tant. Et, soyons honnête, cette petite vie tourne quand même énormément autour d’Amapola.

J’ai repris un rythme assez soutenu. Parce que financièrement, il faut bien le dire : ces mois ont été compliqués. Très compliqués même. Mais je ne ressens pas cette reprise comme une punition. Au contraire.

Je fourmille d’idées. J’ai envie de créer. J’ai envie de tester. J’ai envie de travailler. Et surtout, j’aime ce que je fais.

Il y a quelques jours, après le lancement de ma braderie du 17 septembre, j’écrivais ceci en storie sur Instagram :

Ces derniers mois ont été très durs moralement. J’ai souvent eu peur de tout perdre. De ne jamais retrouver cette petite vie colorée, douce et tranquille que j’ai construite avec vous, petit à petit. Alors oui, cette vente a une saveur toute particulière. Elle a le goût de l’envie, du soulagement aussi peut-être, et surtout, elle me rappelle que ce que je fais a du sens. Que tout ce que j’ai construit ici compte. Et que, malgré les périodes où j’en doute, j’ai encore envie de continuer à faire grandir tout ça avec vous.

Et je crois que c’est exactement ça que je ressens aujourd’hui.
J’ai retrouvé mon envie.

UNE NOUVELLE MAISON, MAIS SURTOUT UNE NOUVELLE FAÇON DE VOIR LA SUITE

Il y a quelque chose d’assez amusant dans ce déménagement. Dans mon ancienne ville, je ne voulais pas tellement qu’on sache qu’Amapola existait. Je voulais que ça vive sur internet. C’était mon petit monde en ligne. Ici, c’est différent. Ici, j’ai envie de me faire connaître. J’ai envie de créer des liens avec les personnes qui vivent autour de moi. J’ai envie de présenter Amapola dans la vraie vie. Je vais d’ailleurs refaire un flyer pour me présenter dans ce nouveau village où nous vivons maintenant, parce que j’ai envie de donner à Amapola une vraie chance d’exister aussi hors d’internet. De continuer à être connectée avec vous derrière les écrans, bien sûr.

Mais autrement aussi.
En vrai. Dans la vie. Dans mon village. Dans mon atelier.

ET PUIS IL Y A NOUS

Parce qu’au fond, ce déménagement n’est pas seulement l’histoire d’une entreprise qui change d’adresse. C’est aussi notre histoire à nous. Avant, il nous manquait de l’espace. De l’équilibre. Parfois même un peu d’envie. Aujourd’hui, ça fait bientôt quatre mois que nous vivons ici et il y a une phrase qui revient régulièrement entre nous :

« Qu’est-ce qu’on est bien. »

Et je crois que ça résume tout. Cette maison est une vraie chance. On y découvre encore régulièrement des choses auxquelles on ne s’attendait pas, des détails géniaux, des petits coins qu’on n’avait pas vus, des possibilités qu’on n’avait pas imaginées. Et c’est chouette. Vraiment chouette. Après des mois qui ont parfois été très compliqués, avoir enfin cette sensation de regarder autour de soi et de penser « on est chez nous », c’est quelque chose de précieux.

Alors oui, j’ai déménagé.

Mes cartons sont arrivés ici. Mes papiers aussi. Mes machines, mes meubles, mes créations… Amapola a changé de murs. Mais en réalité, je crois que ce n’est pas seulement mon entreprise qui a déménagé.

C’est toute ma vie qui a pris un nouveau départ.

Et pour la première fois, j’ai vraiment l’impression d’avoir assez de place pour voir grand.

— Amapola,
une papetière qui a enfin assez de place pour ses idées,
et accessoirement pour toutes ses boîtes.

Je suis Cécilia, alias La Papetière, artisane du papier et rêveuse à plein temps. Depuis 2020, je découpe, je crée et je colle avec amour pour donner vie à une papeterie sensible, des kits créatifs et des objets à rêver. Amapola, c’est mon atelier-cocon, où chaque création raconte une histoire. La tienne, la mienne, celle qu’on veut garder précieuse.

Là aussi je raconte plein de trucs :

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