Et je ne pensais pas que ça me ferait autant réfléchir.
POURQUOI AVOIR LANCÉ UN ABONNEMENT AU DÉPART ?
Je suis papetière depuis plus de 5 ans maintenant.
Et aujourd’hui, si tu veux exister, vendre, te faire connaître — il faut créer du contenu.
En tout cas, moi, c’est comme ça que je vois les choses.
Je ne vends ni en boutique, ni sur les marchés. Mon terrain de jeu, ce sont les réseaux sociaux.
Sauf que derrière ce “terrain de jeu”, il y a une réalité un peu moins fun : créer du contenu, ça prend un temps fou… et ce temps-là, il n’est pas payé.
Et à un moment donné, ça ne passait plus.
Je créais, je partageais, je donnais beaucoup… mais ça ne suivait pas derrière.
Il fallait que je trouve une manière de rentabiliser ce temps de création.
C’est comme ça que Patreon est entré dans ma vie.
À QUEL MOMENT ÇA A DÉRAPÉ (UN PEU) ?
Août 2025. Je sors une nouvelle collection de timbres pour Patreon.
À ce moment-là, il y a deux abonnements :
-
“Confetti” → 1 timbre
-
“Boule de papier” → 4 timbres, dont un surprise
Sur le papier, c’était simple.
Dans la réalité… beaucoup moins.
Je m’étais fixée une règle : pas plus de 5 épaisseurs par timbre. Bon, spoiler : en août, je me retrouve avec des créations à plus de 12 épaisseurs. Douze. Multiplié par presque 40 abonnés. Je te laisse faire le calcul.
Le problème, ce n’était pas juste le volume. C’est que plus je voulais faire beau, plus je voulais faire mieux… plus je me noyais. Et financièrement, ça ne suivait pas.
Je passais un temps colossal entre :
-
la création
-
la découpe
-
le conditionnement
-
les envois
-
et la communication pour faire venir de nouvelles personnes chaque mois
Résultat : je travaillais plus que ce que je gagnais.
Et là, il a fallu être honnête avec moi-même : ce n’était plus viable.
POURQUOI TOUT REPRENSER EN 2026 ?
Août 2025, c’est aussi un autre tournant : j’ouvre mon site.
Boutique + blog.
Et là, une autre idée commence à germer : je ne veux plus de plateformes séparées.
Je veux un écosystème.
Je veux que :
-
Patreon
-
Instagram (comprendre par-là les réseaux sociaux)
-
mon site
fonctionnent ensemble.
Qu’on passe de l’un à l’autre naturellement.
Voire même… que j’incite à le faire.
Je veux créer un mouvement. Une orbite.
Que ce que je propose sur Patreon reste exclusif… mais donne envie d’aller voir ailleurs.
Et inversement.
Bref, je ne voulais pas arrêter.
Je voulais structurer.
QU’EST-CE QUI A CHANGÉ CONCRÈTREMENT ?
Déjà, j’ai simplifié. J’ai créé Le Papier Cœur : un abonnement à 2€ par mois, sans envoi physique. Juste le contenu. Parce que tout le monde n’a pas envie (ou les moyens) de recevoir du courrier, mais peut vouloir soutenir et suivre.
Ensuite, j’ai repensé toute la suite. Moins de timbres. Plus de créations. Et surtout, une vraie idée derrière : proposer quelque chose qui ne soit pas juste “un envoi”. Mais une expérience. Avec :
-
des créations papier
-
des surprises
-
et cette envie de recevoir quelque chose qu’on n’a pas totalement anticipé
Et au milieu de tout ça, une évidence : créer une vraie newsletter. Mais en papier. Une lettre qu’on reçoit, qu’on touche, qu’on garde. Pas une notification de plus.
ET CE « BOOM » DU SNAILMAIL DANS TOUT ÇA ?
Je l’ai découvert un peu comme tout le monde. Un peu par hasard. Et je ne vais pas mentir : ça m’a fait quelque chose. D’un côté, j’adore. Voir revenir le courrier, le vrai, le tangible… forcément, ça me parle. Mais de l’autre… ça m’a fait douter. Parce que pour la première fois, je me suis mise à comparer.
À regarder ce qui se faisait ailleurs.
À voir des offres à des prix très bas.
À me demander si j’étais “dans le juste”.
Et en même temps… je me suis vite rendu compte d’un truc :
Je ne fais pas la même chose.
Je ne fais pas juste de l’illustration.
Je ne fais pas juste de l’impression.
Je crée des objets en papier.
Pensés, assemblés, construits.
Et surtout, j’y ai ajouté quelque chose qui me ressemble vraiment : cette idée de surprise.
Presque comme une blindbox.
Tu sais que tu vas recevoir quelque chose.
Mais tu ne sais pas exactement quoi.
Et ça, ça change tout.
ALORS OUI, J’AI CRÉÉ MON SNAILMAIL.
Mais pas pour faire comme tout le monde.
Je l’ai créé pour raconter autre chose.
Pour proposer une autre manière de recevoir.
Et peut-être aussi… pour redonner un peu de valeur à ce qu’on envoie.
— Amapola,
juste une papetière qui attend d’être lue,
quelque part entre deux couches de papier,
faisant, au passage, deux ou trois tours de magie…

